Le télégraphe à Chevilly

Aujourd’hui, nous communiquons par radio, internet, satellite, … Sous l’Ancien Régime, la diligence était le seul moyen de transmettre un message d’un endroit à un autre (la ferme de la Poste aux Chevaux de Chevilly était d’ailleurs un des relais de ce réseau routier). Après la Révolution, le télégraphe devient le nouveau «media» , le plus sûr et le plus rapide, permettant d’échanger des messages à distance. Une des lignes du réseau de l’époque allait de Paris à Bayonne (*); inaugurée en 1823, elle était composée de 110 stations espacées de 6 à 7 km : dans notre secteur elles avaient été installées à Toury, puis Château-Gaillard, Artenay, Chevilly, Saran, … A Artenay et à Saran, aucun bâtiment ne fut construit pour installer l’appareil : c’est l’église qui fut utilisée comme point haut. A Chevilly, par contre, c’est sur un léger relief au sud de la commune que fut érigée une tour, en bordure de la route nationale (133m d'altitude, point le plus élevé de la commune). Le principe était simple : un mécanisme mobile, situé en haut d’une tour et constitué de deux bras articulés, permettait d’envoyer à la tour suivante des signaux codés. Les signaux étaient répétés de station en station (les répéteurs wifi d’aujourd’hui ne font que reprendre le principe de l’époque !), et par beau temps ils pouvaient parcourir toute la ligne en 12 minutes seulement ! En 1852, le télégraphe électrique de Morse annoncera la fin de ce télégraphe aérien et renverra notre belle tour de Chevilly au rayon des signaux de fumée ... L'édifice est maintenant détruit, mais au moment des labours on peut voir au sol des pierres qui sont les vestiges de ses fondations.